mastering

Le Mastering

Souvent un peu flou dans la tête des non-initiés, le mastering est une étape cruciale souvent incomprise par le commun des mortels. Alors le mastering c’est quoi ?

Le mastering est l’ultime étape de la production audio. Il s’apparente à la couche de verni sur un tableau, à la cerise sur le gâteau, c’est la finition du titre ou de l’album. A la différence du mixage le traitement audio s’effectue sur le fichier stéréo du morceau et non en multipistes (basse, batterie, guitare…). Nous travaillons sur l’ensemble du morceau après mixage. Il est à cette étape souvent trop tard pour gérer les problèmes de niveaux (voix sous-mixé, claviers trop fort…). Il permet dans le cadre d’un album d’harmoniser les différents morceaux de leur donner la même couleur sonore, la même impression de volume et de dynamique.

C’est à cette étape que nous éditons les plages, le temps de pause, l’enchaînement entre les morceaux, fondu d’entrée, fondu de sortie… C’est le liant la glu, qui donne une cohésion une impression de produit terminé.

Le mastering permet donc un confort d’écoute aussi bien sur de petits systèmes, téléphone, ordinateur, enceinte bluetooth, voiture, que sur de gros système haut de gamme. Le son doit être propre partout. Rien que ça !

Il nécessite une très bonne paire d’oreille (pas donné à tout le monde), une très bonne paire d’enceinte (cher !)  (cf article monitoring : ici), et une pièce adapté. Le traitement acoustique d’un studio de mastering devrait donc être encore plus poussé que celui d’un studio d’enregistrement. Il nécessite une écoute la plus neutre possible. Ce traitement audio finale demande beaucoup de finesse, de précision, une grande connaissance technique, au risque de complètement détruire un mixage. Un mastering pour les novices peu être très destructif, alors attention allons-y avec des pincettes, et des oreilles !

Alors quels sont les outils nécessaires et les étapes du mastering ?

 

L’égalisation

Une des premières étapes du mastering consiste à donner une couleur au son, trouver le bon équilibre fréquentiel.

Or après mixage le morceau apparaîtra souvent un peu sombre comme avec un petit voile légèrement teinté. Nous allons souvent éclaircir le son en ajoutant un peu d’air, un peu d’aigu, entre 10000Hz et 20000Hz pour fait ressortir la clarté et les détails du morceau. Attention a augmenter avec parcimonie, et préférer un très bon égaliseur, sous peine de retrouver un son agressif et désagréable à l’oreille. On ouvre ainsi le morceau, ceci a l’avantage aussi parfois d’augmenter l’effet de stéréo en agissant sur les cymbales, ride,… Qui se trouvent souvent panner a sur les côtés.

On coupe parfois un peu l’extrême bas, ce qui est en dessous de 20Hz, ne sert à rien  (l’oreille humaine entend de 20Hz à 20000kHz) sinon de bouffer de l’énergie, faire travailler le compresseur pour rien et perdre en énergie. Maîtrisons le bas, chose pas facile à faire surtout avec des systèmes d’écoute bas de gamme et une pièce non adaptée.

Pour le reste, tout est histoire de goûts, pour ma part j’aime bien les morceaux chaleureux, limpide, claire et dynamique. Nude de Radiohead reste pour moi une référence clarté, chaleur, magnifique, tout l’album In Rainbow d’ailleurs.

Quelques outils de référence en égalisation stéréo de mastering :

Plug-in : Waves API 550Sonnox Oxford Eq
Hardware analogique : API 5500, Tube Tech HLT 2A, Manley Massive Passive, Chandler Limited Curve Bender

La compression

La compression est certainement le plus difficile à maîtriser. En mastering nous allons souvent utiliser plusieurs compresseurs en série. Un compresseur « classique » et/ou multibandes, et un limiteur, nous en parlons tout de suite après.

 

Le compresseur Classique

Le compresseur va nous permettre de « tenir » le morceau, d’atténuer certains pics, certains excès de dynamique. De donner le liant au morceau, la cohérence qui fait que tout va bien se mélanger. Ici le morceau commence à prendre sa forme définitive. Attention a ne pas trop pousser sur le compresseur, pour garder les nuances entres partie calme ou explosive.

Le compresseur va être pas ou très peu utiliser en Musique Classique et Jazz où l’on veux garder toute la dynamique, toute l’expressivité des musiciens. Et à contrario être utilisé très fort, voire à outrance en Musique Electronique et Rap.

Le matsering et donc l’ingénieur en mastering doit s’adapter aux différents styles de musique et avoir une très bonne connaissance et culture générale en musique.

Quelques outils de référence en compression stéréo de mastering :

Plug in : Sonnox Oxford Dynamics, Sonnox Oxford Inflator, Waves Api 2500
Hardware analogique : Tube Tech CL2A, API 2500, Manley vari MU, Drawner 1969

 

Le compresseur multibandes

Le compresseur multibande à la différence du compresseur classique, permet d’agir sur une ou plusieurs bandes de fréquence (généralement 4) avec des réglages différents sur chaque plages de fréquence. Il peut être très utile pour gérer les problèmes liés aux basses fréquences, rattraper certaines erreurs au mixage et à la prise de son. Tenir un peu tout ça, pour avoir une assise beaucoup plus précise et solide. Par exemple mieux gérer le duo Basse et Kick.

Quelques outils de référence en compression multibandes stéréo de mastering :

Plug-in : Fab Filter Pro Mb, Wave C4, Flux Alchemist
Hardware analogique : Tube Tech SMC2B

 

Le limiteur

Le limiteur est la dernière étape du traitement sonore en mastering. Il permet d’augmenter le volume sonore général du morceau en atténuant les pics. En effet il y a une limite a ne pas dépasser sous penne de saturation, et cette limite est le 0db. Ainsi en réduisant les pics audio qui s’approchent du 0db nous allons pouvoir remonter le volume général du titre. Voir forme d’onde ci-dessous.


Nous venons ici écraser les pics audio pour pouvoir remonter le volume général. Nous voyons en bleu le fichier mixé, et en rouge le fichier masterisé.

Quelques outils de référence en limiter stéréo de mastering :

Plug in : Sonnox Oxford LimiterWaves L2 UltraMaximizer
Hardware analogique : Tube Tech CL2A, API 2500, Manley vari MU, Drawner 1969

 

L’édition des plages audio

Un aspect souvent négligé, mais primordial dans le cadre d’un album au mastering est l’édition des plages, l’enchaînement entres les morceaux, le temps de pause entres les pistes. Nous allons aussi gérer les débuts et fins de morceaux. Editer fondu d’entrée et de sortie. Gérer les intro et conclusion, on en connaît tous l’importance !

Conversion du format audio et export

En mastering nous allons aussi convertir les fichiers audio au format désiré. Si le morceau a été enregistré en 24 bit / 44.1 kHz, pour le passer sur un CD audio il va falloir le réduire à 16 bit / 44,1 kHz (Format audio du CD), pour cela nous allons utiliser un outil qui s’appelle le Dithering.

Le Dithering permet de passer du 24 bit à 16 bit en évitant quelques désagrément. Perte de queues de Reverb, de fin de fondu… En apprendre plus sur le Dithering : https://fr.wikipedia.org/wiki/Dither_(audio)

Nous pouvons aussi convertir les fichiers audio pour le web, MP3, FLAC, Ogg ou autres. Le ou les formats adaptés à vos besoins.

Pour un CD nous allons exporter le tout aux normes Red Book éditer un master DDP pour éviter toutes erreurs au pressage. A l’export nous mettons aussi les titres des plages audio, de l’album, nom de l’artiste…

Si votre logiciel STAN ne le fait pas, voici un plug-in très pratique pour faire de la conversion, dithering,  edition de plage audio et master DDP, et ce pour un prix plus que correct : Hofa CD Burn & DDP

Exemple avant et après mastering

Voici un extrait avant et après mastering d’un des morceaux de mon groupe Piège à Rêves, réalisé ici au studio.

Avant Mastering :

Après Mastering 

Si je ne devais choisir que 3 plug-in :

Egalisation

API 550 mastering egaliseur


Pour ses aigus doux, sans agressivité aucune ! Proche de l’analogique.

Compression (Type tube)

compresseur inflator mastering


Pour son effet Curve assez incroyable qui donne profondeur, chaleur et clarté. Sublime on du gros matériel à bande. Pour moi le meilleur simulateur que j’ai pu essayer.

Limiteur

sonnox limiter  mastering

D’une efficacité redoutable, sans mauvaise surprise et sans effet indésirable. Les plug-in Sonnox ne sont pas les plus beaux, mais sonnent incroyablement bien.

Les logiciels et suites plug-in dédiés:

Les logiciels de référence : Wavelab Pro, Magix Sequoia
Suite de Plug-in : Izotope Ozone, FabFilter Mastering Bundle

 

Conclusion

En conclusion j’espère que vous comprendrez mieux toutes les subtilités du mastering et pourquoi il est conseillé de faire appel à une oreille avisée. Comme vous l’avez constaté les outils de mastering sont très coûteux ce qui justifie les prix des séances de studio.

Au passage je remercie monsieur Alexis Bardinet de Globe Audio Studio pour nous avoir accueilli avec mon groupe, pour deux albums. Ce fut une expérience très enrichissante avec des conseils avisés.  Le mastering reste très technique nous avons abordé ici les principales caractéristiques du mastering. Il y a bien sûr plein d’autre voix à explorer et d’autres outils tels que les Denoiser, Declicker, Spatialisation stéréo. N’hésitez pas pour toutes questions complémentaires, je me ferais un plaisir de vous répondre.

Si vous souhaitez lire d’autre articles : https://www.piegeareves.fr/studio/article/

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